I want you so bad

Une exposition collective avec :

Miriam Beichert, Yann Stéphane Bisso, Simon Boixader, Karine Deluz, Anna Diehl, Abigail Janjic,
Damien Juillard, Aramis Navarro, Claire Megumi Masset, Elias Njima, Gabriel Nunige, Noemi Pfister, Arnaud Sancosme, Sarah Valérie Steiner, Ismael Taha, Jeanne Tara, Niels Trannois, Elektra Tzamouranis, Caroline Ventura, Shannon Zwicker

Vingt artistes de trois régions linguistiques différentes répondant à :

1. I want you so bad, soit une attirance forte pour quelqu’un-x-e ou quelque-chose. Dans le cas précis, celle éprouvée pour le travail des artistes invité-x-e-s.

2. bad, invitant l’artiste à proposer une pièce détonnant du reste de sa production, mal réalisée, incohérente, se jouant des notions de subjectivité et de pertinence.

3. I want you, la pièce étant visuellement ou techniquement liée à celle d’un-x-e autre artiste, en dialogue, confrontation ou echo.

Il aura fallu attendre dix minutes pour la première réponse à cette invitation et deux mois pour la dernière.

Ismael explore le corps humain et ses divers états, un focus sur la fécondité, et fait fumer un tête humaine dont il ne subsiste qu’une paire d’yeux, en dizaines de morceaux colorés vifs.

Sarah prend une pose pour la photo, puis pour sa toile untitled, dans un espace domestique flou, sans vraiment de repère de temps, de météo, ni d’état d’âme.

Elektra, peut être lassée des gens, envoie sa pièce presque comme un coup de pied du nord-est de l’Allemagne, avec une image de sa baignoire, désormais objet ou activité principal(e) de sa journée de Sunday.

Elias, non sans dextérité, propose un portrait (personnellement fignolé et encadré à la main) de Marlène Charpentié prenant une pose plutôt sérieuse pour une clown.

Miriam confie à l’espace un pot de Sauerkraut, peint, taché, sprayé, recouvert, puis peint à nouveau, comme une nature morte translucide et arrogante, parce que la choucroute peut aussi devenir un sujet.

Caroline s’amuse dans les chambres qu’elle occupe, comme en adolescence, multipliant les collages d’éléments no paper et de qualité douteuse dans un diptyque, faisant au passage un petit doigt au marché.

Damien écrit des JJ sur un visage et son smartphone, imprime la composition sur du textile, la fige derrière un Plexiglas taché et y ajoute quelques autocollants dépareillés, parce qu’il n’y a peut être jamais assez de couches sur une pièce.

Abigail recouvre sa pièce de multiple fluides comme sortis d’un jerricane de produits chimiques, gardant la devise respice finem en tête, apportant les dernières touches fonctionnelles jusque dans l’espace.

Noemi dépeint avec ironie et sarcasme une scène de fable potentielle entre un scarabée et la mort, cette dernière expliquant à l’insecte le fin mot de l’histoire : everyone needs a friend.

Yann emporte ses personnages fantomatiques dans une brume dansante et ronde, sûrement une émanation mentale carrée sortie d’un de ses rêves étranges.

Gabriel pose une de ses nombreuses figures d’inspiration dans un brouillard psychédélique et acidulé au point de faire tourner la tête à un-x-e fêtard-x-e rentrant de soirée, fumb as duck.

Shannon dépose des gouttes pigmentées dans la profondeur des fibres du papier, se mélangeant comme les salives de deux tickling tongues, esquissant même la forme du serpent de l’affiche d’exposition.

Anna poursuit son exploration dans un monde monochrome énigmatique, avec un plan serré et komisch blau sur une torsion de chairs aussi tendues sur le lin qu’entre elles.

Simon façonne par deux côtés, assemblant sans hiérarchie, morceaux de drap, bribes de texte, corde, bouts de dessins, vieux bois, un certain cran et de l’audace, présentant finalement le côté face.

Aramis jongle avec un citron et un melon, joue avec son palindrome n°2 d’une série qui en comporte sans doute plus, comme avec la personne qui se trouve en face.

Niels, éreinté par son voyage mais fasciné par la sculpture décapitée de Mélos A qu’il découvre au bout, pousse son processus quasi obsessionnel jusque sur une fine couche de porcelaine pourpre.

Karine répond modestement sur la taille, généreusement sur le nombre et gracieusement sur la forme, avec un quadriptyque apparement peint in ihrem Bett et sur du bois récupéré.

Arnaud, l’humour subtil et appliqué, effectue un triple saut en une seule peinture (D’après une peinture de Diane Rivoire, d’après le graphisme de Louise Bailat), en décrétant en plein vol : maintenant on passe aux choses sérieuses.

Jeanne projette des ombres discrètes sur le mur gris avec deux éléments de son mobile triptyque, le troisième venant se poser en tant que seule pièce tridimensionnelle dans l’espace, comme sur la place publique.

Claire transporte sa pièce en diagonale à travers le pays, partage son quotidien avec elle, lui confie un peu de ses pensées comme de sa personne, lui/la laisse tears sweat or wet, à l’image des efforts fournis pour cette exposition tant fantasmée.

I want you so, so, so bad.

Vernissage : 17.02.2022
Exposition : 17.02-03.03.2022
Finissage : 03.03.2022

Équipe curatoriale : Miguel Da Silva, Sylvain Gelewski, Yasemin Imre
Affiche : Sirkka Ammann
Sérigraphie : Sabrina Peerally, Atelier Madame
Lumières : Hybrid Concept

Photos : YAL

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3 Sentier des Saules
CH–1205 Genève